La Lenteur

Je conduis et, dans le rétroviseur, j'observe une voiture derrière moi. La petite lumière à gauche clignote et toute la voiture émet des ondes d'impatience. Le chauffeur attend l'occasion pour me doubler ; il guette ce moment comme un rapace guette un moineau. Véra, ma femme me dit : «Toutes les cinquante minutes, un homme meurt sur les routes de France. Regarde-les Tous ces fous qui roulent autour de nous. Ce sont les mêmes qui savent être si extraordinairement prudents quand on dévalise sous leurs yeux une vieille femme dans la rue. Comment se fait-il qu'ils n'aient pas peur quand ils sont au volant ? » Que répondre ? Peut-être ceci : l'homme penché sur sa motocyclette ne peut se concentrer que sur la seconde présente de son vol ; il s'accroche à un fragment de temps coupé et du passé et de l'avenir ; il est arraché à la continuité du temps ; il est en dehors du temps ; autrement dit, il est dans un état d'extase ; dans cet état, il ne sait rien de son âge, rien de sa femme, rien de ses enfants, rien de ses soucis et, partant, il n'a pas peur, car la source de la peur est dans l'avenir, et qui est libéré de l'avenir n'a rien à craindre. La vitesse est la forme d'extase dont la révolution technique a fait cadeau à l'homme. Contrairement au motocycliste, le coureur à pied est toujours présent dans son corps, obligé sans cesse de penser à ses ampoules, à son essoufflement ; quand il court, il sent son poids, son âge, conscient plus que jamais de lui-même et du temps de sa vie. Tout change quand l'homme délègue la faculté de vitesse à une machine : dès lors, son propre corps se trouve hors du jeu et il s'adonne à une vitesse qui est incorporelle, immatérielle, vitesse pure, vitesse en elle-même, vitesse extase.

Curieuse alliance : la froide impersonnalité de la technique et les flammes de l'extase. (...)

Pourquoi le plaisir de la lenteur a-t-il disparu ? Ah, où sont-ils, les flâneurs d'antan ? Où sont-ils ces héros fainéants des chansons populaires, ces vagabonds qui traînent d'un moulin à l'autre et dorment à la belle étoile ? Ont-ils disparu avec les chemins champêtres, avec les prairies et les clairières, avec la nature ? Un proverbe tchèque définit leur douce oisiveté par une métaphore : ils contemplent les fenêtres du bon Dieu. Celui qui contemple les fenêtres du bon Dieu ne s'ennuie pas ; il est heureux. Dans notre monde, l'oisiveté s'est transformée en désoeuvrement, ce qui est tout autre chose : le désoeuvré est frustré, s'ennuie, est à la recherche constante du mouvement qui lui manque. Je regarde dans le rétroviseur : toujours la même voiture qui ne peut me doubler à cause de la circulation en sens inverse. A côté du chauffeur est assise une femme ; pourquoi l'homme ne lui raconte-t-il pas quelque chose de drôle ? Pourquoi ne pose-t-il pas la paume sur son genou ? Au lieu de cela, il maudit l'automobiliste qui, devant lui, ne roule pas assez vite, et la femme ne pense pas non plus à toucher le chauffeur de la main, elle conduit mentalement avec lui et me maudit, elle aussi.

Milan KUNDERA, La Lenteur, 1995.

# Posté le mardi 21 juillet 2009 20:07

1984

[...] À chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l'ascenseur, l'énorme visage vous fixait du regard. C'était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE.


À l'intérieur de l'appartement de Winston, une voix sucrée faisait entendre une série de nombres qui avaient trait à la production de la fonte. La voix provenait d'une plaque de métal oblongue, miroir terne encastré dans le mur de droite. Winston tourna un bouton et la voix diminua de volume, mais les mots étaient encore distincts. Le son de l'appareil (du télécran, comme on disait) pouvait être assourdi, mais il n'y avait aucun moyen de l'éteindre complètement. Winston se dirigea vers la fenêtre. Il était de stature frêle, plutôt petite, et sa maigreur était soulignée par la combinaison bleue, uniforme du Parti. Il avait les cheveux très blonds, le visage naturellement sanguin, la peau durcie par le savon grossier, les lames de rasoir émoussées et le froid de l'hiver qui venait de prendre fin.


Au-dehors, même à travers le carreau de la fenêtre fermée, le monde paraissait froid. Dans la rue, de petits remous de vent faisaient tourner en spirale la poussière et le papier déchiré. Bien que le soleil brillât et que le ciel fût d'un bleu dur, tout semblait décoloré, hormis les affiches collées partout. De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston. Au niveau de la rue, une autre affiche, dont un angle était déchiré, battait par à-coups dans le vent, couvrant et découvrant alternativement un seul mot : ANGSOC. Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était la patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.


Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et sur le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d'un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu aussi bien qu'entendu. Naturellement, il n'y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. On pouvait même imaginer qu'elle surveillait tout le monde, constamment. Mais de toute façon, elle pouvait mettre une prise sur votre ligne chaque fois qu'elle le désirait. On devait vivre, on vivait, car l'habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l'obscurité, tout mouvement était perçu.

(Extrait de la première partie, chapitre 1)
George ORWELL, 1984, Gallimard, « Folio », 1972

Beaucoup de film aborde le sujet, Ennemie d'Etat (avec Will Smith) et Equilibrium étant mes deux préféré, tant qu'au film de 1984, j'étais vraiment déçu.

# Posté le vendredi 24 juillet 2009 11:34

Les Romanesques - Game Zone

La présentation du groupe "Les Romanesques" un duo comique/chanteur, qui ont été invité, il y a de cela bien longtemps sur Game One, dans la Game Zone. Un bon souvenir d'anthologie !

A la fin de l'extrait, le groupe chante en live, "j'ai 17 ans".

J'adore, je trouve sa drôle ^^

# Posté le vendredi 24 juillet 2009 12:21

Liar Game (Drama)

Liar Game (Drama)
Genre : Thriller psychologique
Épisodes : 11 (35min, sauf le dernier épisode)
Pays : Japon
Année : 2007


Synopsis :

Basé sur le manga du même nom. Kanzaki Nao (Toda Erika) joue une honnête étudiante, qui reçoit un jour la somme d'un million de dollars, accompagné d'une carte expliquant qu'elle a été choisie pour prendre part au jeu "liar game" (jeu du mensonge). Le but de ce jeu est d'escroquer aux autres joueurs leur million de dollars. A la fin, le gagnant reçoit cette somme tandis que le perdant est en dette du million. Horrifiée, Nao essaie de contacter les organisateurs du jeu pour leur rendre l'argent. Un des ses anciens professeurs de lycée lui propose de l'aider ; toutefois, il apparaît qu'en réalité il est l'un de ses concurrents, et il lui escroquera son million sans difficultés. Par coïncidence, Nao remarque un jour un article de journal à propos d'un ancien escroc nommé Akiyama Shinichi (Matsuda Shota). Désespérée, elle le contacte pour lui demander de l'aide.


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Mémo personnel :

Je vais vous parler de mes trois drama préféré (Série asiatique) que j'ai regardé en ce moment. D'habitude je ne suis pas très attirer par les drama, mais j'en est trouvé des intéressants :)

# Posté le lundi 10 août 2009 07:37

Modifié le vendredi 14 août 2009 10:32

The Quiz Show saison 2 (Drama)

The Quiz Show saison 2 (Drama)
Genres : Suspense, Psycologique
Épisodes : 12
Pays : Japon
Année : 2009


Synopsis :

Sakurai Sho jouera le présentateur d'une émission de Quiz. Dans l'émission, les participants qui répondent correctement à 7 questions gagnent 10 millions de Yens, et ceux qui arrivent à avoir 8 bonnes réponses auront l'un de leur souhait réalisé par la chaîne de Télévision. Le jeu commence avec des questions innocentes, mais plus il progresse plus les questions deviennent indiscrètes et on découvre le passé des participants, leurs crimes etc... Ils doivent donc avouer leur crimes pour pouvoir gagner.

Le personnage de Sakurai a aussi un passé mystérieux. Avant de devenir le présentateur de l'émission, il est resté dans un état végétatif pendant 6 ans à cause d'un accident qui lui a fait perdre la plupart de ces souvenirs....


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Mémo personnel :

Je n'ai vu que les 2 épisodes disponible à l'heure actuelle, mais J'adore :)
Je voulais surtout dire que la saison 2 est un remake de la saison 1, donc ce n'est pas la peine de chercher à voir la saison 1.
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# Posté le lundi 10 août 2009 07:47

Modifié le lundi 10 août 2009 08:34

Orthros no Inu (Drama)

Orthros no Inu (Drama)
Genres : Suspense, drame
Épisodes : 11
Pays : Japon
Année : 2009


Synopsis :

Un homme démoniaque qui a les « mains de Dieu », la possibilité de guérir toutes les maladies et soigner toutes les blessures juste par le contact de la main. D'un autre côté, un homme angélique qui a les « mains du démon », le pouvoir de prendre la vie de quiconque le touche. « Orthros no Inu » est un thriller qui tourne autour des vies de deux hommes qui ont ces pouvoirs contradictoires.

Le drama commence par un épisode de 75 min.


Un peu de mythologie


Orthros, dans la mythologie grecque, chien monstrueux gardien des b½ufs de Géryon. Orthros est l'un des nombreux monstres nés de l'union d'Échidna et de Typhon. Sur l'île d'Érythie, il assiste le berger Eurytion dans la garde du troupeau de b½ufs du géant Géryon. Orthros trouve la mort de la main d'Héraclès, dont le dixième des douze travaux consiste en la capture de ce troupeau.

Télécharger les épisodes


Mémo personnel :

Pour moi ce drama est le drama qui se rapproche le plus de Death Note, donc sa me plait énormément :)
Malheureusement, tout comme The Quiz Show, il n'y a l'heure actuel que 2 épisodes : /

# Posté le lundi 10 août 2009 08:05

Modifié le lundi 10 août 2009 09:28

Bobobo-bo Bo-bobo (Manga)

Bobobo-bo Bo-bobo (Manga)
J'aime bien ce manga, donc je vais vous en parler. Pourquoi mettre un résumer de ce manga ? Non, ce n'est pas la peine, et oui ! croyez moi ^^.

Je m'explique, car c'est l'un des seules manga ou il n'y a pas de scénario, ou on enchaîne les combats les uns après les autres, et dont les combats sont les plus bête jamais vu ^^.

Les héros se déchaînent sans cesse ;)

Regardez l'image pour en avoir un aperçu (cliquer dessus)

# Posté le lundi 10 août 2009 08:30